Les brèves européennes de l’été

05.09.2019

Après les semaines estivales où nous avons pris le large, voici un article qui revient brièvement sur les faits marquants en Europe cet été.

 

La rentrée s’annonce intense pour la nouvelle équipe de la Commission européenne chapeautée par l’allemande Ursula Von der Leyen.

 

Pour rappel, chaque pays membre envoie un.e candidat.e commissaire qui aura en charge un portefeuille spécifique. Nous pouvons le comparer à différents ministres au niveau d’un pays. Une fois que les pays ont sélectionné un.e candidat.e, la Présidente de l’Union européenne doit les rencontrer et les valider avant le vote du Parlement européen qui va également les auditionner un.e par un.e. L’ensemble de la Commission sera ensuite confirmée par le Conseil européen d’octobre. La constitution d’une commission est un exercice politique périlleux puisqu’il faut respecter les tendances politiques de chaque pays tout en créant une cohésion. Ursula Von der leyen devra attribuer les portefeuilles avec soin pour ne pas froisser les différents gouvernements. Elle s’est également mis une condition, celle de créer une commission paritaire. Les candidatures devaient être rendues pour le 26 août. Pour la France, Sylvie Goulard a été proposé. Cette femme politique issue du Modem a été brièvement Ministre des Affaires européennes au début de la présidence Macron. Elle fût rapidement évincée pour des suspicions d’emplois fictifs, elle est désormais blanchie. Les autres candidat.e.s sont principalement issus du parti de la future Présidente et des Républicains français, le Parti Populaire Européen (PPE) ensuite du parti centriste (La République en marche) Renew Europe. On compte une petite dizaine de socialistes et un seul candidat appartient à un parti écologiste, il s’agit du lituanien Virginijus Sinkevicius. La Commission entière prendra ses fonctions le 1 novembre 2019.

 

A la suite du G7 et des fameux incendies qui ont ravagé l’Amazonie cet été, le Président français Emmanuel Macron accuse le brésilien, Jair Bolsonaro d’avoir menti sur ses ambitions écologiques. Il menace même de se retirer de l’accord commercial négocier depuis deux décennies entre l’Europe et l’Amérique Latine, le Mercosur. Si le coté commercial déplaît aux agriculteurs notamment français, il y a aussi une levée de bouclier contre cet accord pour l’aspect climatique et les incendies estivaux ont accentués les désaccords entre les deux pays à ce sujet.

 

 

La saga du Brexit n’a pas pris de vacances pendant l’été au contraire. Boris Johnson est arrivé à la tête de l’île fin juillet et il a déjà annoncé une suspension du parlement britannique dès la mi-septembre jusqu’au 14 octobre. Une manœuvre pour empêcher les parlementaires qui sont contre une sortie sans accord de légiférer pour rendre cette sortie sans accord illégale. Inutile de dire que les députés britanniques sont furieux même dans le camp du nouveau Premier Ministre. Sa réponse est sans appel, tout.e député.e conservateur.trice qui s’opposerait à un no-deal serait exclu.e du parti. Une décision radicale qui n’apaise certainement pas les tensions. Au-delà du terrain politique, la justice a été saisie notamment en Écosse pour tenter d’arrêter le gouvernement. Les britanniques sont déjà descendu.e.s dans la rue pour manifester contre ce déni de démocratie.

Le 1 septembre, Michel Barnier, le négociateur du Brexit pour l’Union européenne, a lui annoncé qu’il était hors de question de revenir sur le système de back stop proposé pour éviter le retour d’une frontière dure entre les deux Irlandes. Boris Johnson, lui, refuse de rediscuter quoi que ce soit tant que ce système de filet n’est pas abandonné mais il refuse également de postposer encore une fois la sortie du Royaume-Uni. Sauf que les conservateurs frondeurs se sont bel et bien ralliés aux travaillistes pour  faire voter une loi repoussant la date butoir du Brexit. 

 

 

Si le Royaume-Uni se débat avec le Brexit, le gouvernement italien n’a pas non plus passé un bon été. Il lui a même été fatal. Le 8 août dernier, la Ligue, le parti d’extrême droite de Mattéo Salvini a débranché la prise du gouvernement pour renvoyer les italien.ne.s aux urnes dans l’espoir d’obtenir une plus large majorité. Seulement voilà, ses anciens alliés, le Mouvement 5 étoiles et le Parti Démocrate italien se sont associés pour éviter de nouvelles élections. Les deux anciens partis, autrefois ennemis, travaillent main dans la main pour revenir au gouvernement avec le même Premier Ministre Giuseppe Conte. Si rien n’est encore officiel à l’heure où nous écrivons ses lignes, il y a bon espoir d’une sortie de crise finalement rapide.

 

 

En tout cas, comparé à la Belgique, où trois mois après les élections générales, aucun gouvernement fédéral ne se dégage. Les gouvernements régionaux eux sont formés ou presque mais il faut dire que dans le genre scindée, la Belgique a rarement fait mieux. Le nord du pays, les néerlandophones ont voté à droite voire à l’extrême droite tandis que le sud du pays, les francophones, ont largement voté à gauche voire à l’extrême gauche. Les bruxellois.es ont plutôt voté soit centristes, soit écologistes. Bref, faire un gouvernement fédéral avec ces résultats n’était pas gagné et on le sait depuis le 26 mai soir. Le principal nœud est simple : le plus grand parti francophone (Le Parti Socialiste) ne veut pas gouverner 

avec le plus grand parti néerlandophone (Nieuw Vlaams Alliance) et vice versa. Le record de longévité sans gouvernement n’est pas la grande fierté belge surtout que cette fois-ci le Premier ministre sortant, faisant fonction pour l’instant, a été appelé à l’Europe et il prendra ses fonctions prochainement. L’idéal serait que son successeur ou sa successeure soit prêt.e pour le remplacer.

 

 

 

Petit détour par l’Allemagne pour terminer ces brèves puisqu’ont eu lieu dimanche 1 septembre des élections dans deux importants Landers d’ex-Allemagne de l’est, la Saxe et le Brandebourg. Dans ces deux régions, l’AfD, le parti d’extrême droite a fait des scores élevés. Un signal d’alerte pour le pays mais aussi pour l’Europe entière. Si les verts ont progressés en Allemagne aux élections européennes, on le voit la vague brune n’est pas loin.

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